Les ventes de rosés dans la grande distribution française se sont tassées de 9% selon l’institut ACNielsen entre mi-avril et mi-juillet 2019, par rapport à la même période de l’an dernier. Est-ce que c’est grave?
Pas vraiment, si l’on tient compte
–Primo, de l’effet météo (d’abord médiocre, puis caniculaire, ce qui n’est pas forcément favorable à la consommation de vin) – mais il conviendra de réexaminer l’affaire à la lueur des chiffres de la fin juillet et d’août, car les deux pics de canicule successifs ont probablement eu un effet sur les ventes, dans un sens ou dans l’autre.
–Secundo, de la baisse générale de la consommation de produits alcoolisés en France. Le nombre de non consommateurs de vin est en progression constante, ce qui tient à la fois à la sociologie (communautés non consommatrices, destructuration des repas) et à la mode (vogue des rhums, des gins, des cocktails).
–Tertio, de la baisse de la part de marché de la Grande Distribution dans les achats alimentaires.
–Quarto, de l’effet prix. Les augmentations observées sur les Côtes de Provence, notamment, ont pu décourager les achats dans les catégories populaires. Le même panel observe d’ailleurs que si la chute est forte sur les rosés de Provence (-19%, elle est très faible sur les rosés du Languedoc (-1%).
–Quinto, que les arbres (même roses) ne montent jamais jusqu’au ciel.
Il se vend toujours plus de rosé que de blanc en France. Mais sans doute pas dans les mêmes foyers. les oenophiles prisent les vins de terroir, les crus, le vin chargé d’histoire. Bon nombre d’acheteurs de rosé préfèrent la convivialité. On a trop tendance à mettre tous les consommateurs dans le même sac.
Ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas monter en gamme dans la catégorie des rosés, avec des produits plus ambitieux et plus chers. Mais peut-être pas en grande distribution, et peut-être pas d’abord en France, dont le marché vin, dans son ensemble, est particulièrement mal orienté ces dernières années.
Monsieur Rosé
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