« Les Pieds dans l’eau. »
Ca fait envie, surtout en ce moment. Il s’agit du nom d’une cuvée de rosé de la coopérative languedocienne Alma Cersius, implantée à Cers, près de Béziers.

Je l’avais visitée il y a 3 ans, et j’avais été surpris à l’époque par la qualité de ses blancs, et notamment leur fraîcheur, que je n’attendais pas d’une région que je voyais plutôt chaude.
Je m’aperçois aujourd’hui que cela vaut pour ce rosé, qui profite bien de la large palette des cépages de l’IGP Oc, mettant en oeuvre les très Bordrelais cabernet-sauvignon et Merlot, mais aussi deux piliers de l’équipe locale, le Cinsault et le Grenache, sans oublier la voisine rhodanienne, la Syrah.
Qui a dit que le Pays d’Oc était une terre de monocépages ? Pas Alma Cersius, qui a pris le parti d’assembler ces cinq variétés à parts égales.
Dans le verre, cela nous donne quelque chose que je ne qualifierai peut-être pas de complexe, mais qui sort en tout cas des canons de la mode actuelle.
Un rosé à la couleur assez dense (en tout cas, visible, contrairement à d’autres), au nez de groseilles et d’épices douces, un peu de bonbon anglais, mais pas envahissant, et la bouche… particulièrement intéressante.
Je m’explique: ce vin a de la prestance, une structure, une présence en bouche ; légèreté ne veut pas dire vacuité, on retrouve au palais les arômes du nez, mais les épices sont accentuées, et la finale offre le genre salinité qui vous fait saliver… et vous resservir, au grand dam des hygiénistes de tout poil que je salue au passage en regrettant qu’ils ne sachent pas faire la différence entre la consommation modérée et de plaisir qui est celle que je préconise, et l’alcoolisation assuétude qui relève des hôpitaux.
Pour Monsieur Rosé, Hervé Lalau