Chanel à Porquerolles

En rachetant à la famille Le Ber-Fournier les 34 ha (en bio) du Domaine de l’Ile, à Porquerolles, la Maison Chanel (famille Wertheimer) complète sa palette de propriétés viticoles (Château Canon et Château Rauzan-Ségla, à Bordeaux, et Saint Supéry, dans la Napa) et de couleurs – car le rosé constitue près des 3/4 de la production du Domaine de L’Ile (environ 1200 hectolitres).

Pour la presse internationale, c’est le signe de la popularité croissante des rosés de Provence chez les fashionistas.

Dites, Monsieur Rosé serait-il une fashionista sans le savoir?

Monsieur Rosé

Château Maylandie Corbières Rosé Cuvée les Amis 2018

La robe saumon qu’on voit danser a des reflets d’argent, comme la mer de Trénet; le nez, lui, nous chante des notes de melon et de groseille. La bouche poivrée et légèrement citronnée. La finale ajoute brugnon et grenadine, avec un zeste d’agrume. Ce rosé est d’une telle gourmandise qu’on voudrait que la belle saison ne s’arrête jamais. Mais au fait, qui a dit qu’on ne pouvait plus boire de rosé en automne?!
Syrah, Grenache et Cinsault. 

 www.maylandie.fr

Monsieur Rosé

L’Oeil de Perdrix du Château d’Auvernier

L’Oeil de Perdrix désigne une spécialité du Canton de Neuchâtel, attestée sous ce nom depuis les années 1860, et dont le Château d’Auvernier est un des dignes représentants. Il est issu de Pinot Noir, vinifié en cuvaison courte (une seule nuit, en général) et présente une robe assez soutenue, entre le rose et l’orangé.

Pour ce qui est de ce 2018, il nous offre un nez de petits fruits rouges et noirs (fraise, griotte, mûre), assez typique de son cépage; mais sa différence, c’est sans doute en bouche, où se mêlent l’acidité, la souplesse du fruit et une pointe de fumé.

Monsieur Rosé (avec Hervé Lalau)

Chiaretto, ma di Bardolino

Peu d’appellations italiennes ont connu autant de changements que Bardolino, ces quinze dernières années: on y trouve aujourd’hui non seulement des rouges de plus en plus ambitieux, mais également des rosés parmi les meilleurs d’Italie.

Quinze ans. C’est à peu près le temps qui s’est écoulé depuis ma dernière visite sur place, en marge d’un Vinitaly. Mon opinion, à l’époque, était pour le moins réservée: le Bardolino me semblait gouleyant, sans défauts, certes, mais sans grand intérêt non plus. Il faut dire qu’à côté de sa voisine Valpolicella, promue championne d’Italie des vins bodybuildés (tellement appréciés à l’époque), Bardolino faisait pâle figure. Mais les sols majoritairement sableux de Bardolino ne prédestinent pas la région à produire des vins très puissants.

Rosso… e Chiaretto

Entretemps, plusieurs choses importantes se sont passées à Bardolino.

Primo, la mise sur orbite du Chiaretto, qui marche non seulement fort en Italie, mais aussi à l’export, notamment en Allemagne. Une embellie qui va de pair avec la mise en place, en 2014, d’un programme visant à éviter à la fois l’oxydation prématurée (à cause du sucre, notamment) tout en misant sur la fraîcheur que la Corvina, avec son acidité naturelle, peut apporter au rosé.

Secundo, une réflexion sur la meilleure façon d’exprimer les belles nuances de la Corvina, justement – aussi bien dans le rouge que dans le rosé ; l’idée étant de la travailler dans l’élégance, mais sans la déshabiller non plus. Avec, justement, un projet pour augmenter la part de ce cépage dans les cuvées (80% aujourd’hui, 95% si le nouveau cahier des charges est adopté), et améliorer la garde des vins.

Ce projet entend également mieux mettre en évidence les trois sous zones de l’aire d’appellation: Montebaldo, au Nord-Est, avec ses coteaux de piémont, caractérisés par une forte amplitude thermique ; Sommacampagna, au Sud-Est, avec ses collines morainiques bien arrosées; et enfin La Rocca, qui s’étire le long du lac de Garde (avec notamment la commune de Bardolino), et bénéficie le plus de l’effet modérateur de l’énorme masse d’eau.

Cette répartition ne répond pas à une quelconque mode de segmentation par les crus; elle en revient seulement aux classifications déjà utilisés au début du 19èmesiècle par les marchands de vin, qui ne vendaient pas du Bardolino, mais du Rocca, du Sommacampagna ou du Montebaldo. A se demander pourquoi, lors de la mise en place de la DOC, en 1968, ces distinctions ont été oubliées.

Il est intéressant de constater que l’engouement touristique qu’a connu la région du lac de Garde, et le développement d’une clientèle captive qui l’a accompagné, ne semble pas avoir gêné cette montée en gamme.

On note aussi une désaisonnalisation de la consommation, le Bardolino (et notamment le Chiaretto) étant de plus en plus apprécié l’hiver, localement.

Par ailleurs, la tendance vers des vins à meilleur potentiel de garde ne peut qu’aider au développement de l’exportation.

Quelques chiffres

En dix ans, le Bardolino Chiaretto a connu un fort développement, passant de 4 à 12 millions de cols. Dans le même temps, selon le principe des vases communicants, le rouge est descendu de 20 à 16 millions de cols. Et cette tendance devrait se confirmer dans les années qui viennent, au point que le Chiaretto est en train prendre son indépendance. Il est à noter que sur place, le rosé se vend généralement plus cher que le rouge (un euro de plus, en moyenne).

Vous avez dit «Corvina»?

La Corvina, ou Cruina (la corneille), est un cépage rouge originaire de la région de Vérone (elle est parente de la Rondinella, autre cépage vénitien). C’est le cépage principal de la Valpolicella, mais aussi du Bardolino. On en compte environ 8000 ha, plantés pour la grande majorité en Vénétie.

Riche en acidité, mais plutôt faible en tannins, c’est une variété tardive, au cycle très long.

La Corvina possède un alias, le Corvinone, duquel il est assez difficile de la reconnaître (ses grappes sont un peu plus grosses et plus denses), d’autant qu’ils sont le plus souvent complantés; les recherches ADN ont pourtant prouvé qu’il s’agissait d’une variété différente ; elle est aussi un peu plus tannique.

Réappropriation

Deux jours sur place m’ont permis de mesurer la véritable révolution qu’a connu le Bardolino, aussi bien en Chiaretto qu’en Rosso. Tout n’est sans doute pas merveilleux, et il n’y a (heureusement) pas qu’une seule façon de concevoir le Bardolino (certains ont d’ailleurs sorti certaines de leurs cuvées de l’appellation), mais il me semble que les choses vont plutôt dans le bon sens. Ici comme ailleurs, c’est aux vignerons de se réapproprier leur vin, leur patrimoine.

Mes préférés en rosé

Tenuta La Presa Chiaretto Baldovino 2017

Superbe de fraîcheur, ce vin du Monte Baldo fait plus jeune que son millésime. A l’aveugle (sans regarder sa couleur), il tient beaucoup d’un blanc. Etonnantes notes de safran au nez, et en bouche.

Sous région : Montebaldo

https://www.tenutalapresa.it/

Guerriere Rizzardi Chiaretto Bardolino Classico 2018

Le nez gourmand nous propose de la pêche, abricot, la bouche suit, ajoute un peu de clou de girofle ; belle fraîcheur en finale. Une des plus anciennes caves de la dénomination.

Sous région : La Rocca et Montebaldo

Casaretti Chiaretto 2018

Des arômes de groseille à maquereau et d’eau de rose, à la vivacité de la bouche, ce vin nous parle de jeunesse et de franchise.

Sous région : La Rocca

http://www.casaretti.it/

Poggio delle Grazie Chiaretto 2016

Des agrumes, de la groseille, une belle acidité mais de la chair autour; jolies notes de fraise en finale.

Sous région : Sommacampagna

http://www.poggiodellegrazie.it/

Autres rosés appréciés : Casaretti Corvina Rosato IGP 2018, Marchesini Marcello 2018, Gentili Chiaretto 2018, Villa Cordevigo 2017/

Pour Monsieur Rosé, Hervé Lalau

Gassier, pour tous les goûts

À l’image de bon nombre de domaines provençaux, la Maison Gassier offre une belle déclinaison de rosés. Une offre qui rencontre les goûts et les envies de différents consommateurs et dégustateurs. Pourquoi s’en priver quand on ne fait presque que du rosé?

Le premier

Un rosé d’entrée de gamme sur le fruit et la fraîcheur des agrumes.

Esprit Gassier 2017 Côtes-de-Provence

La robe abricot aux légers reflets saumon. Le nez acidulé, respire le citron teinté de pamplemousse et de groseille auquel s’ajoute la couleur chaude du melon de Cavaillon. Puis s’enrichit encore de poivre, d’une feuille de mélisse et du végétal gris amer de l’absinthe. La bouche, fraîche comme on s’y attend, ajoute les fragrances épicées au développement fruité. L’amer du pamplemousse s’aligne sur celui de l’absinthe, un duo citron armoise qui amplifie la fraîcheur, se nourrit du gris du poivre. Bref, un rosé des plus rafraîchissants.

Assemblage de 55% de Grenache, 25% de Cinsault, 15% de Syrah et 5% de Vermentino. Vendanges mécaniques à l’aube. Pressurage direct, débourbage, puis fermentation à basse température. Élevage en cuve.

Un rosé qui paît au grand nombre grâce à ses arômes de pamplemousse très en vogue et surtout très reconnaissable pour le consommateur qui aime ça. Moi, j’aime moins, mais je dois avouer que ce rosé est techniquement bien fait.

Le deuxième

Le Pas du Moine 2017 Côtes-de-Provence Sainte-Victoire

Jolie robe pétale de rose au nez qui avoue tout de go ses fragrances d’agrumes suivies dans la foulée de marmelades de groseille et de cerise poudrées d’une pincée de poivre blanc. La bouche à la fois croquante et onctueuse se voit booster par une vivacité agréable au goût subtil de mandarine et de pamplemousse. Les fruits rouges prennent ensuite le relais et offrent la fraîcheur de leur chair, un acidulé sapide comme un jus savoureux qui se mêle de gras pour assurer à l’espace buccal un confort létal ou comment mourir de plaisir.

Assemblage de Grenache, Syrah, Cinsault, Rolle, Cabernet Sauvignon. Vendanges à l’aurore, pressurage direct à froid, débourbage serré et fermentation en cuve béton à 14°C puis à 18°C en fin de fermentation. Élevage en cuve.

Un rosé vraiment savoureux qu’on a plaisir à boire à l’apéro comme sur le repas. Là on touche le haut de gamme qui offre cette onctuosité rafraîchie par la saveur des fruits. C’est top !

Le troisième

946 Rosé 2017 Côtes-de-Provence Sainte-Victoire

Lumineux comme un cristal légèrement teinté de rose saumoné, il hume la pêche jaune, la mangue, le litchi, le carambole avec des nuances raffinées d’agrumes, orange sanguine et bergamote. La bouche accompagne d’entrée les fruits sentis par une série de plantes aromatiques camomille, tanaisie, serpolet et sauge qui donnent un caractère très sudiste à ce rosé au caractère bien trempé. D’autres fruits encore cassis et mûre, framboise et arbouse, la juteuse pastèque, viennent éclabousser de leur jus le minéral aux senteurs poivrées comme les pavés d’une chaussée après un orage d’été. Une note torréfiée et une texture, certes onctueuse, mais également légèrement ligneuse révèle l’élevage de ce rosé.

Assemblage de Grenache, Syrah, Rolle. L’élaboration du 946 rosé demande une vinification précise, basée sur un assemblage de trois bases de vin : un vin issu des parties les plus denses du jus (bourbes) préalablement conservées à basse température à 4°C, puis filtrées. Cette base apporte au vin rondeur et gras en bouche. Une partie fermente en 1/2 muid de 500L en bois neuf autrichien (Stockinger), ce qui apporte de la complexité et de la structure. Enfin, pour la troisième, la fermentation se passe en cuve béton entre 14 et 16°C pour révéler les arômes.

Un rosé apte à la garde – ce que je vous conseille. Si aujourd’hui, il révèle déjà pas mal d’arômes, il sera encore plus complexe d’ici 2 à 4 ans, voire plus. Bien équilibré, il a tous les outils pour durer. Et 946, c’est l’altitude de la Croix de Provence qui se trouve au sommet de la pointe occidentale de la montagne Sainte-Victoire.

Le château

Un peu d’histoire

C’est en 1982 que la famille Gassier a acheté les 40 ha de vignes du domaine. Dès 2004, les familles Gassier et Jeanjean s’entendent pour exploiter ensemble les vignes de la propriété. Aujourd’hui, c’est Georges Gassier qui exploite la propriété en collaboration avec la Maison Gassier. Au fil du temps, la passion, le travail et le savoir-faire se sont unis pour amener Château Gassier à atteindre le niveau d’excellence naturellement induit par son implantation au cœur du terroir de la Sainte-Victoire.  www.chateau-gassier.fr

Monsieur Rosé

Retour à Miraval

Pour le plaisir des midinettes, mais aussi, et surtout, pour celui des oenophiles, revenons, cinq ans en arrière, au domaine de Miraval.

Si Angelina et Brad font à présent vie à part, il semble qu’ils aient encore ce domaine en commun…

Miraval rosé 2014 Côtes de Provence Jolie, Pitt, Perrin

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Sa robe pétale de rose plaît d’emblée à l’œil et séduit dans la foulée le nez par ses parfums floraux tendrement épicés. Fraction melon jaune, grains de grenade et tranches de pêche blanche ajoutent leurs fragrances au bonheur nasal. La bouche fraîche et délicate joue le scénario à l’envers et nous ravit par la suavité de ses fruits avant de nous envoûter par ses notes de lavande et de mimosa poudrés de poivre et de cardamome.
Ce rosé assemble 4 cépages vendangés le matin, puis triés et éraflés. Pressurage direct pour le Cinsault, le Grenache et le Rolle, et saignée pour la Syrah. La vinification se fait en cuves inox pour 95% du volume. Les 5% restants se vinifient en fûts bâtonnage à la clé.
Quant aux parcelles, elles se situent à 350 mètres d’altitude et se composent d’éboulis calcaires, un terroir frais pour la région aux importantes amplitudes thermiques entre jour et nuit. 

Je ne saurais vous dire comment le vin a évolué depuis – mieux que le couple, on l’espère, mais je n’ai pas gardé de bouteille.

Monsieur Rosé

Le Clairet de Fontenille, en 2015

Bordeaux Clairet Château de Fontenille
Stéphane Defraine

Château-de-Fontenille-Clairet

Le Clairet est en quelque sorte l’ancêtre des vins de Bordeaux ; bien avant les grands crus classés du Médoc, les Anglais en étaient friands. Depuis le Moyen âge, le «French Claret» était pour eux synonyme de réjouissances.

C’est dans cet esprit festif que Stéphane Defraine, au Château de Fontenille, élabore son Clairet composé à 100% de Cabernet Franc. Il opère une macération pelliculaire de 48 heures, suivie d’une fermentation à basse température (16°) et d’un élevage sur lies fines. Sa couleur soutenue se range franchement dans le camp des rouges clairs. Dès le premier coup de nez, on comprend l’intention espiègle du breuvage, la framboise et la groseille «profusent» en tous sens.

En bouche, c’est le carnaval des gourmands ; l’œnophile pointu abandonne ses questionnements et plonge sans remord dans ce jus de pur plaisir où chaque lampée appelle la suivante. Ce Clairet a un réel tonus et du répondant ; en guise de conclusion, il nous tend le bâton de réglisse qui signe à merveille sa finale. A table, du tendre veau et de jolies volailles le réclament ! 

Mais ce vin a un certain potentiel de garde, et même un potentiel certain, aussi pouvez-vous encore attendre un peu – si vous en avez le courage…

Château de Fontenille

Monsieur Rosé

Un Crémant du Jura rosé signé Rolet

Les bulles rosées ont le vent en poupe, apportant un peu de corps et de tannicité à l’effervescence – ou bien est-ce l’inverse. La Champagne, l’Alsace, la Bourgogne, la Loire, le Penedès, pas mal de zones d’appellations mousseuses se sont lancées dans la couleur tendre. Mais avez-vous pensé au Crémant du Jura?

Rosé brut Crémant du Jura Domaine Rolet 

Franck RIBARD - REGARD OBJECTIF® - Photographe - ARCHITECTURE, INDUSTRIE, COMMUNICATION : evenementiel, illustration, portrait ... Tél. 06.28.07.43.33 - Email : franck.ribard@regard-objectif.fr - WWW.REGARD-OBJECTIF.FR

Saumon à l’écaille dorée, la bulle intense et nacrée, le nez épicé et fruité nous rappelle les grains de grenade entre deux dents éclatés, le jus poivré de la framboise, la groseille soulignée de santal. La bouche s’avère savoureuse, distillant lentement sa douceur acidulée. Elle adopte la texture veloutée de l’abricot, l’onctueux de la chair de pêche, le confit d’une mandarine parfumée d’un soupçon de Cayenne. Un bouton de rose rend délicat ce délice gourmand.
Ce rosé assemble Poulsard, Pinot Noir et Trousseau. Deuxième fermentation en bouteille pour la prise de mousse et élevage sur lattes pendant 12 mois. Dégorgeage et repos de 2 mois avant la commercialisation

www.rolet-arbois.com

Monsieur Rosé

Un Pineau d’Aunis des Vignerons du Vendômois

Lieu-dit Cocagne Coteaux du Vendômois
Les Vignerons du Vendômois 

cocagne


Saumon prononcé à l’écaille dorée, il hume le raisin de Corinthe épicé de Cayenne, avivé de menthe fraîche, le jus d’un grain de grenade écrasé entre deux doigts. En bouche, son onctuosité étonne et le rend presque sucrée, impression confirmée par le gras développé, heureusement bien équilibré par la tension minérale et l’amertume subtile au goût de gentiane. Il se prolonge par des sensations anisées et poivrées, puis nous offre encore quelques fruits comme la poire et le bigarreau.
Un rosé d’abord aisé qui se boit sans sourciller à l’apéro ou durant le repas.

Ce 100 % Pineau d’Aunis est issu d’un coteau exposé plein est lové dans une boucle du Loir. La parcelle classée en premières côtes se compose d’argile à silex roses qui repose sur le calcaire du Turonien. Pressurage pneumatique de la vendange, fermentation à 14°C, élevage sur lies fines.  www.caveduvendomois.com

Monsieur Rosé

Baisse des ventes de rosé en GD française: c’est grave, docteur?

Les ventes de rosés dans la grande distribution française se sont tassées de 9% selon l’institut ACNielsen entre mi-avril et mi-juillet 2019, par rapport à la même période de l’an dernier. Est-ce que c’est grave?

Pas vraiment, si l’on tient compte

Primo, de l’effet météo (d’abord médiocre, puis caniculaire, ce qui n’est pas forcément favorable à la consommation de vin) – mais il conviendra de réexaminer l’affaire à la lueur des chiffres de la fin juillet et d’août, car les deux pics de canicule successifs ont probablement eu un effet sur les ventes, dans un sens ou dans l’autre.

Secundo, de la baisse générale de la consommation de produits alcoolisés en France. Le nombre de non consommateurs de vin est en progression constante, ce qui tient à la fois à la sociologie (communautés non consommatrices, destructuration des repas) et à la mode (vogue des rhums, des gins, des cocktails).

Tertio, de la baisse de la part de marché de la Grande Distribution dans les achats alimentaires.

Quarto, de l’effet prix. Les augmentations observées sur les Côtes de Provence, notamment, ont pu décourager les achats dans les catégories populaires. Le même panel observe d’ailleurs que si la chute est forte sur les rosés de Provence (-19%, elle est très faible sur les rosés du Languedoc (-1%).

Quinto, que les arbres (même roses) ne montent jamais jusqu’au ciel.

Il se vend toujours plus de rosé que de blanc en France. Mais sans doute pas dans les mêmes foyers. les oenophiles prisent les vins de terroir, les crus, le vin chargé d’histoire. Bon nombre d’acheteurs de rosé préfèrent la convivialité. On a trop tendance à mettre tous les consommateurs dans le même sac.

Ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas monter en gamme dans la catégorie des rosés, avec des produits plus ambitieux et plus chers. Mais peut-être pas en grande distribution, et peut-être pas d’abord en France, dont le marché vin, dans son ensemble, est particulièrement mal orienté ces dernières années.

Monsieur Rosé

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